Intérim

IFM en intérim : toutes les conditions pour toucher vos indemnités en 2026

Par Caroline 21 octobre 2026 12 min de lecture

Conseiller d'agence d'intérim remettant un document à un intérimaire
L’essentiel à retenir

Pour toucher les IFM, votre mission intérim doit se terminer normalement, sans CDI proposé ni rupture à votre initiative.

Le montant est de 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant toute la durée de la mission.

Les IFM sont versées par l’agence d’intérim sur votre dernier bulletin de salaire, à la fin de chaque mission.

En cas de non-paiement injustifié, vous disposez de trois ans pour réclamer vos IFM par écrit à votre agence.

Pour toucher les IFM en intérim, c’est-à-dire les indemnités de fin de mission, votre contrat doit arriver à son terme normal : sans rupture à votre initiative sans motif légal, sans faute grave et sans proposition de CDI. Le montant légal est fixé à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission, versé par l’agence d’intérim sur votre dernier bulletin de salaire.

Qu’est-ce que l’indemnité de fin de mission en intérim ?

L’IFM est une prime légale due à tout intérimaire au terme de son contrat de travail temporaire. Elle compense la précarité inhérente au travail intérimaire : sans la sécurité d’un emploi stable, l’intérimaire perçoit cette somme en reconnaissance du risque qu’il assume. Elle est prévue par l’article L.1251-32 du Code du travail, et aucune clause contractuelle ne peut y déroger.

Imaginez que vous effectuez une mission de trois mois dans une entreprise de logistique, pour un salaire brut mensuel de 2 000 euros. À la fin de cette mission, l’agence vous verse, en plus du salaire du dernier mois, une somme de 600 euros correspondant à 10 % de votre rémunération brute totale de 6 000 euros. C’est ce que l’on appelle l’IFM.

Il ne faut pas la confondre avec les indemnités de congés payés, également dues en fin de mission et représentant elles aussi 10 % supplémentaires distincts. Au total, un intérimaire en fin de mission peut recevoir jusqu’à 20 % de plus que l’ensemble de ses salaires bruts cumulés, sous forme d’indemnités.

Cette indemnité s’applique quel que soit le secteur d’activité, la durée de la mission ou la nature du poste. Elle est due pour une mission d’une seule journée comme pour un contrat de douze mois consécutifs, sans aucune durée minimale.

Quelles sont les conditions pour toucher les IFM ?

La condition principale est que votre mission intérim arrive à son terme contractuel, c’est-à-dire à la date de fin prévue dans votre contrat de mission. Si le contrat prévoyait une fin le 31 octobre, vous devez avoir travaillé jusqu’à cette date pour prétendre à l’intégralité des IFM.

La deuxième condition est que la rupture du contrat ne soit pas de votre fait, sauf motif légitime reconnu. Une grossesse, un arrêt maladie médicalement justifié, une convocation judiciaire, une embauche en CDI par une autre entreprise : ces situations constituent des motifs valables. Quitter la mission pour convenance personnelle sans justification légale vous prive des IFM pour la période non effectuée.

La troisième condition concerne la suite donnée à la mission. Si l’entreprise utilisatrice ou l’agence vous propose un CDI à l’issue du contrat d’intérim, les IFM ne sont pas dues. Que vous acceptiez ou refusiez cette proposition, le simple fait qu’elle existe suffit légalement à supprimer ce droit.

Enfin, vous ne devez pas avoir fait l’objet d’une rupture pour faute grave ou lourde. Ces deux niveaux de faute entraînent la perte immédiate du droit aux IFM pour l’ensemble de la mission, quelle qu’en soit la durée.

Dans quels cas les IFM ne sont-elles pas versées ?

Plusieurs situations entraînent légalement la perte des IFM. Les connaître permet d’anticiper et d’éviter les mauvaises surprises au moment de recevoir votre solde de tout compte.

Le premier cas est la proposition d’un CDI par l’entreprise utilisatrice ou par l’agence. La loi considère que la précarité est compensée par l’offre d’emploi stable, même si vous la refusez. Ce principe est souvent mal compris : de nombreux intérimaires pensent que refuser le CDI leur rouvre le droit aux IFM. Ce n’est pas le cas, sauf si le poste proposé ou les conditions salariales sont très différents de ceux de la mission intérimaire.

Le deuxième cas est la rupture anticipée à votre initiative, sans motif légal. Si vous partez avant la fin du contrat pour une raison purement personnelle, vous perdez les IFM pour la période non travaillée, même si vous avez accompli la majorité de la mission.

Le troisième cas est la faute grave ou faute lourde. Un comportement gravement fautif : vol, agression, insubordination répétée et caractérisée : entraîne la rupture immédiate du contrat et la suppression de toutes les indemnités de fin de mission.

  • Acceptation ou refus d’un CDI proposé à l’issue de la mission
  • Rupture du contrat à l’initiative du salarié sans motif légal reconnu
  • Faute grave ou faute lourde constatée et notifiée par l’agence
  • Départ volontaire en retraite à l’issue de la mission
  • Certaines missions dans des établissements publics industriels et commerciaux

Le cas du refus de CDI mérite une précision : si vous refusez deux fois consécutives un CDI sur un poste similaire à celui de votre mission, vous risquez également de perdre vos droits à l’allocation chômage auprès de France Travail. C’est une situation à examiner attentivement avant de prendre votre décision.

Quel est le montant de l’IFM en intérim ?

Le calcul repose sur une règle simple : 10 % de la rémunération brute totale perçue depuis le premier jour de la mission. Cette base inclut les salaires de base, les primes liées au poste (prime de froid, de salissure, d’astreinte, de nuit), les heures supplémentaires majorées, mais exclut les remboursements de frais professionnels et les indemnités de trajet.

Un exemple concret : vous avez travaillé cinq mois avec un salaire brut mensuel moyen de 2 100 euros, primes comprises. Votre rémunération brute totale s’élève à 10 500 euros. Votre IFM sera de 1 050 euros bruts, versés en une seule fois sur votre dernier bulletin de salaire.

Certaines conventions collectives prévoient un taux supérieur à 10 %. Les secteurs du BTP, de la métallurgie ou de certaines industries spécifiques ont parfois négocié des taux plus favorables pour leurs salariés. Dans ce cas, c’est l’accord le plus avantageux qui s’applique. Interrogez votre agence d’intérim sur le taux applicable à votre branche professionnelle.

Pour les missions très courtes, même inférieures à une semaine, l’IFM reste due dans son intégralité. Le montant sera faible, mais l’obligation légale de versement est entière. Une agence qui refuse de calculer les IFM pour des missions de quelques jours enfreint la loi.

Qui paie les IFM et quand sont-elles versées ?

C’est l’agence d’intérim qui est légalement tenue de verser les IFM, et non l’entreprise dans laquelle vous avez effectué votre mission. Votre employeur légal en intérim reste toujours l’agence, même si vous passez vos journées dans les locaux d’une autre société. C’est donc elle qui assume cette charge financière, indépendamment de ce que l’entreprise utilisatrice lui refacture ensuite.

Le versement intervient à la fin de la mission, sur le dernier bulletin de salaire. Il n’y a pas de délai de grâce : les IFM doivent figurer sur le bulletin correspondant à la dernière période travaillée, au même titre que le salaire du mois. Aucune agence ne peut légalement différer ce paiement.

Si vous enchaînez plusieurs missions courtes avec la même agence au cours du même mois civil, certaines agences regroupent les IFM sur un seul bulletin, d’autres les calculent mission par mission. Les deux pratiques sont acceptées, mais vous devez pouvoir vérifier le détail du calcul sur votre bulletin ou sur un document annexe remis par l’agence.

Calcul des indemnités sur un bulletin de salaire

IFM et arrêt de travail ou accident du travail : quel impact ?

La question revient souvent : perdez-vous vos IFM si vous êtes en arrêt maladie ou victime d’un accident pendant la mission ? La réponse est non. Vous conservez votre droit aux IFM, calculées sur la rémunération brute que vous avez effectivement perçue de l’agence pendant les périodes travaillées.

En cas d’arrêt maladie simple, la mission est suspendue. L’IFM sera calculée sur les salaires versés par l’agence, sans inclure les indemnités journalières de la Sécurité sociale ni celles versées en complément au titre d’une éventuelle prévoyance. Dès que la mission reprend ou se termine à son terme, les IFM sont calculées normalement sur les sommes perçues.

Pour un accident du travail survenu en mission, la protection est plus forte encore : le contrat est suspendu mais ne peut pas être rompu du fait de l’accident lui-même. Si la mission arrive à son terme pendant l’arrêt, les IFM restent dues. Vous avez par ailleurs des obligations déclaratives spécifiques dans ce cas : retrouvez toutes les démarches à respecter dans notre article sur les déclarations obligatoires pour l’intérimaire victime d’un accident du travail.

Dans tous les cas, ni la maladie ni l’accident ne privent l’intérimaire de ses IFM pour les périodes effectivement travaillées. Si votre agence invoque l’un de ces motifs pour ne pas les verser, c’est une erreur juridique qu’il faut contester sans délai et par écrit.

Les IFM sont-elles soumises à l’impôt ?

Oui, les indemnités de fin de mission sont intégralement soumises aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. Sur votre bulletin de salaire, elles apparaissent comme un élément de rémunération ordinaire : elles supportent la CSG, la CRDS, les cotisations retraite et toutes les autres charges sociales au même taux que votre salaire de base.

Sur votre déclaration de revenus annuelle, les IFM sont intégrées au montant total des salaires et traitements. Aucun régime fiscal particulier ni abattement spécifique ne s’applique : elles sont imposées comme n’importe quelle autre rémunération du travail, qu’il s’agisse d’une mission de deux jours ou de six mois.

Cette règle vaut également pour les indemnités de congés payés versées au même moment. L’ensemble des sommes reçues en fin de mission au-delà du salaire net est soumis aux prélèvements habituels. Si vous percevez des IFM importantes après une longue mission, anticipez leur impact sur votre tranche marginale d’imposition pour l’année concernée.

Comment toucher ses IFM avant un CDI : la procédure pas à pas

Si une entreprise vous propose un CDI en cours ou en fin de mission, vous n’êtes pas automatiquement privé de toute négociation. Voici la marche à suivre pour défendre vos droits dans cette situation délicate, notamment si le CDI proposé ne correspond pas vraiment à votre poste en intérim.

  1. Vérifiez la forme de la proposition : un CDI doit être proposé par écrit, avec la mention du poste, du salaire et des conditions d’emploi. Une proposition orale sans trace écrite peut être contestée devant les prud’hommes.
  2. Comparez les conditions proposées : si le CDI offre une rémunération inférieure à celle de la mission, un poste sensiblement différent ou un lieu de travail éloigné, vous disposez d’arguments solides pour contester la suppression des IFM.
  3. Formulez votre demande par écrit à votre agence d’intérim, en exposant clairement pourquoi la proposition de CDI ne constitue pas une offre équivalente aux conditions de votre mission.
  4. Rassemblez vos preuves : contrat de mission, fiches de salaire, échanges écrits avec l’agence et l’entreprise utilisatrice, proposition de CDI reçue par mail ou par courrier.
  5. Saisissez le Conseil de prud’hommes si l’agence maintient son refus et que votre dossier est solide. La procédure est gratuite, accessible sans avocat obligatoire, et le délai de prescription de trois ans vous laisse le temps d’agir sereinement.

Cette démarche est accessible à tout intérimaire. Un dossier bien documenté et une demande écrite claire suffisent souvent à débloquer la situation sans aller jusqu’au contentieux prud’homal.

Pourquoi je ne touche pas mes IFM ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer l’absence d’IFM sur votre bulletin de salaire. La première chose à faire est de vérifier si vous êtes légalement dans un cas d’exclusion : CDI proposé, faute grave, rupture volontaire à votre initiative. Si aucun de ces cas ne s’applique à votre situation, l’absence d’IFM est anormale et doit être signalée.

Contactez votre agence par écrit et demandez une explication formelle et motivée. Gardez une trace écrite de chaque échange : un simple mail suffit, mais il est indispensable si vous devez escalader le litige. Ne vous contentez pas d’une réponse orale par téléphone, qui ne laisse aucune preuve utilisable.

Certaines agences omettent les IFM sur des missions courtes ou pour des intérimaires qui ne réclament pas. C’est illégal. Le délai de prescription de trois ans à compter de la date de versement théorique vous laisse le temps de régulariser la situation. Pour comprendre les raisons précises derrière un non-paiement et savoir comment réagir étape par étape, consultez notre article complet : pourquoi je ne touche pas mes IFM et comment réagir.

Ce qu’il faut retenir sur les IFM en intérim

Les IFM sont un droit légal acquis dès lors que votre mission se termine dans des conditions normales. Ce n’est pas une faveur de l’agence, ni une prime discrétionnaire : c’est une obligation inscrite dans le Code du travail, à laquelle aucune clause contractuelle ne peut déroger.

Connaître les cas d’exclusion est aussi important que connaître ses droits. CDI proposé, faute grave, rupture volontaire sans motif légal : ces trois situations sont les seules causes légitimes de non-versement. En dehors d’elles, toute absence d’IFM est une anomalie à signaler et à corriger rapidement.

Pour multiplier vos missions et mieux gérer votre parcours intérimaire au quotidien, notre guide sur la meilleure application pour trouver du travail en intérim en 2026 peut vous aider à vous orienter efficacement sur le marché du travail temporaire.

Vérifiez chaque bulletin de salaire à la fin de chaque contrat, conservez tous vos documents de mission, et n’hésitez pas à demander des comptes à votre agence dès la première anomalie. Les IFM représentent souvent plusieurs centaines d’euros : c’est une somme qui vaut la peine d’être réclamée sans tarder.